3 juin 2015 – Source : Ici Radio-Canada
Éric Martel devient le nouveau président-directeur général d’Hydro-Québec, a annoncé mercredi le ministre des Ressources naturelles du Québec, Pierre Arcand. Il succède à Thierry Vandal, qui a quitté son poste le 30 janvier dernier.
L’homme de 47 ans a notamment été président de la division Avions d’affaires chez Bombardier, entreprise au sein de laquelle il a travaillé pendant près de 13 ans. Il a également occupé des postes au sein de Pratt & Whitney et Rolls Royce, Procter and Gamble et Kraft Foods.
M. Martel a quitté Bombardier le 18 mai dernier, moins de deux ans après sa nomination à la tête de la division Avions d’affaires, au moment où l’avionneur traverse une période difficile, marquée notamment par des milliers de mises à pied.
Éric Martel entrera en fonction à Hydro-Québec le 6 juillet prochain. En attendant, il a déjà annoncé vouloir mettre de l’avant quatre grands objectifs :
– une plus grande transparence;
– un souci accru du service à la clientèle;
– une croissance soutenue des activités;
– une amélioration de la productivité.
Il a également soutenu vouloir limiter les hausses de tarifs d’électricité « autour de l’inflation », tout en misant sur l’exportation. « Aussi, une expansion internationale sera considérée, et cela, grâce à notre savoir qui est reconnu internationalement », a-t-il ajouté.
« Je me réjouis à l’idée de servir la société québécoise et aussi d’accomplir une mission qui sera aussi exigeante qu’importante. »
— Éric Martel
De son côté, le ministre Arcand a réitéré en matinée espérer un « meilleur service à la clientèle » et « une meilleure transparence » à Hydro-Québec. « J’ai déjà dit la semaine dernière que nous nous attendions à une nouvelle culture [à] Hydro-Québec ».
La société d’État a notamment été critiquée par la vérificatrice générale du Québec la semaine dernière pour avoir vendu un équipement d’une valeur de 79 millions de dollars à des ferrailleurs pour la somme de 75 000 $.
Bonus : les règles changent
La question des primes versées à ses dirigeants soulève aussi des questions depuis la démission de Thierry Vandal, qui a encaissé une indemnité de départ de 560 000 $ et empochera une rente de retraite de 450 000 $ par année, indexée à vie.
Le salaire de M. Martel sera de 483 000 $, le même que celui de M. Vandal, a précisé le ministre Arcand. Quant aux primes annuelles, elles seront dorénavant attribuées en tenant compte également de critères « qualitatifs » tels que le service à la clientèle, et non plus seulement selon les performances économiques de la société d’État.
Et si M. Martel démissionne, il n’aura pas d’indemnité de départ comme celle qui a été versée à M. Vandal. Dans le cas d’un congédiement, il aura toutefois droit à son salaire durant un an.
Plus tôt cette semaine, Le Journal de Montréal a révélé que 1768 cadres se partagent cette année des primes de 22 millions de dollars.
« Les Québécois sont en colère. Ils ne comprennent pas comment il est possible que le gouvernement distribue pour 22 millions de dollars en bonis au rendement aux dirigeants d’Hydro-Québec parce que l’hiver a été plus froid que prévu. Depuis quand les dirigeants d’Hydro-Québec contrôlent la météo? » a demandé mercredi le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.
À lire aussi :
Le PDG d’Hydro-Québec Thierry Vandal démissionne
Un bilan du règne de Thierry Vandal à Hydro-Québec
Un plan à venir
L’arrivée de M. Martel survient alors que le gouvernement est en pleine préparation de sa nouvelle politique énergique québécoise.
Outre l’électrification des transports et le dossier de l’énergie éolienne, l’efficacité énergétique devrait être étudiée par Québec, avance le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie au HEC Montréal, Olivier Pineau.
« Il y a ce gros dossier de nous rendre, nous les Québécois, beaucoup plus efficace pour pouvoir jouer un rôle régional et envoyer notre électricité chez nos voisins pour faire plus d’argent », explique-t-il.
Par ailleurs, il note que d’avoir recruté un PDG issu d’un autre milieu que celui de l’énergie pourrait s’avérer efficace dans cette volonté du gouvernement d’inculquer « un souffle nouveau » à Hydro-Québec.
Le professeur invité de l’Université d’Ottawa, Jean-Thomas Bernard, a pour sa part qualifié de « général » le mandat livré par le gouvernement à Éric Martel.
« Tous les thèmes qui ont été abordés aujourd’hui, je les ai entendus à quelques reprises au cours des 20-25 dernières années, il n’y a pas vraiment de nouveau. »
— Jean-Thomas Bernard
Il donne en exemple l’expansion à l’international dont il a été fait mention. « Hydro-Québec déjà a eu une division à l’international, il y a eu quelques succès, mais en général ça a été assez difficile », illustre-t-il.
Sophie Brochu sollicitée
La présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu, a été sollicitée pour ce poste, mais a choisi de décliner l’offre. Depuis un mois, Hydro-Québec est sous la direction par intérim de Lise Croteau, première femme à diriger l’institution. Elle est entrée en fonction le 1er mai, date à laquelle Thierry Vandal a quitté ses fonctions.
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mercredi 3 juin 2015
Éric Martel à la tête d’Hydro-Québec
3 juin 2015 – Source : La Presse
(Québec) L’ex-président de la division Avion d’affaires de Bombardier, Éric Martel, prend la barre d’Hydro-Québec en promettant des hausses de tarif «raisonnables», «autour de l’inflation», et un «changement de culture vers une plus transparence».
Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a annoncé la nomination de M. Martel au poste de PDG de la société d’État à l’issue d’une réunion du conseil des ministres, mercredi.
Ingénieur électrique, M. Martin avait quitté Bombardier il y a moins de deux semaines. Il était à la tête de la division des Avions d’affaires depuis environ un an et demi. En mai, il avait annoncé la perte de 1750 postes au sein de sa division. Il se défend de larguer Bombardier en pleine période de turbulences, plaidant qu’ «être PDG d’Hydro-Québec est une opportunité unique» et qu’il avait envie de «donner une contribution à l’État québécois». Il n’a ni milité pour un parti politique ni contribué à une caisse électorale.
«C’est avec une grande fierté, mais aussi une compréhension très lucide des responsabilités qui m’incombent, que je deviens président-directeur général d’Hydro-Québec», a affirmé M. Martel, qui succède à Thierry Vandal.
Éric Martel a d’«importante» et d’«exigeante» sa mission à la tête d’Hydro.
«Pendant mon mandat, j’ai l’intention d’orienter mes actions vers l’atteinte de quatre grands objectifs: le changement de culture vers une plus grande transparence, un souci accru du service à la clientèle, une croissance soutenue des activités et l’amélioration de la productivité», a-t-il affirmé.
Il veut une croissance de l’exportation des surplus. Et «une expansion internationale sera considérée», a-t-il dit. Il s’est engagé à limiter les hausses tarifaires «autour de l’inflation».
Pierre Arcand a indiqué que M. Martel touchera le même salaire de base que son prédécesseur Thierry Vandal, 483 000$. Mais la prime, qui a atteint plus de 110 000$ en 2014, sera maintenant accordée non seulement en fonction des résultats financiers, mais aussi en fonction «d’un meilleur service à la clientèle, de la question des tarifs et d’une croissance importante dans plusieurs domaines», a dit M. Arcand. Il y a d’autres changements: «S’il est congédié, il aura un salaire pendant un an, mais s’il quitte ou s’il démissionne, la prime qui avait été donnée à M. Vandal n’existera plus. Et il aura un fonds de pension moindre que M. Vandal.» L’indemnité de départ de 565 000$ versée à M. Vandal et sa rente de retraite de 450 000$ par année indexée à vie ont soulevé la controverse.
M. Martel entrera en fonction le 6 juillet.
> Lire la nouvelle en ligne sur le site de La Presse
(Québec) L’ex-président de la division Avion d’affaires de Bombardier, Éric Martel, prend la barre d’Hydro-Québec en promettant des hausses de tarif «raisonnables», «autour de l’inflation», et un «changement de culture vers une plus transparence».
Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a annoncé la nomination de M. Martel au poste de PDG de la société d’État à l’issue d’une réunion du conseil des ministres, mercredi.
Ingénieur électrique, M. Martin avait quitté Bombardier il y a moins de deux semaines. Il était à la tête de la division des Avions d’affaires depuis environ un an et demi. En mai, il avait annoncé la perte de 1750 postes au sein de sa division. Il se défend de larguer Bombardier en pleine période de turbulences, plaidant qu’ «être PDG d’Hydro-Québec est une opportunité unique» et qu’il avait envie de «donner une contribution à l’État québécois». Il n’a ni milité pour un parti politique ni contribué à une caisse électorale.
«C’est avec une grande fierté, mais aussi une compréhension très lucide des responsabilités qui m’incombent, que je deviens président-directeur général d’Hydro-Québec», a affirmé M. Martel, qui succède à Thierry Vandal.
Éric Martel a d’«importante» et d’«exigeante» sa mission à la tête d’Hydro.
«Pendant mon mandat, j’ai l’intention d’orienter mes actions vers l’atteinte de quatre grands objectifs: le changement de culture vers une plus grande transparence, un souci accru du service à la clientèle, une croissance soutenue des activités et l’amélioration de la productivité», a-t-il affirmé.
Il veut une croissance de l’exportation des surplus. Et «une expansion internationale sera considérée», a-t-il dit. Il s’est engagé à limiter les hausses tarifaires «autour de l’inflation».
Pierre Arcand a indiqué que M. Martel touchera le même salaire de base que son prédécesseur Thierry Vandal, 483 000$. Mais la prime, qui a atteint plus de 110 000$ en 2014, sera maintenant accordée non seulement en fonction des résultats financiers, mais aussi en fonction «d’un meilleur service à la clientèle, de la question des tarifs et d’une croissance importante dans plusieurs domaines», a dit M. Arcand. Il y a d’autres changements: «S’il est congédié, il aura un salaire pendant un an, mais s’il quitte ou s’il démissionne, la prime qui avait été donnée à M. Vandal n’existera plus. Et il aura un fonds de pension moindre que M. Vandal.» L’indemnité de départ de 565 000$ versée à M. Vandal et sa rente de retraite de 450 000$ par année indexée à vie ont soulevé la controverse.
M. Martel entrera en fonction le 6 juillet.
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Insultantes primes d’Hydro
2 juin 2015 – Source : Journal de Montréal
Alors que le gouvernement Couillard offre à ses employés de la fonction publique et parapublique un gros 0 % d’augmentation, en vertu de quelle logique gouvernementale verse-t-il des primes de rendement aux dirigeants d’Hydro-Québec ?
Parce qu’Hydro a rapporté au gouvernement plus de profits que ce que le ministre des Finances avait anticipé? Quelque 22,8 millions $ de primes ont été versés en 2014 aux dirigeants d’Hydro, comme le rapportait hier Kathryne Lamontagne dans Le Journal.
Heille! Mais pour qui nous prend-on? Hydro-Québec c’est un monopole. Il n’y a aucun concurrent. Et un monopole qui offre par surcroît un service essentiel à la population.
Froid polaire
Si Hydro a réalisé en 2014 un supplément de profit par rapport aux attentes du gouvernement, c’est tout simplement parce que la population du Québec a été victime d’un froid sibérien lors de l’hiver 2014.
Et en vertu de quel sacro-saint principe doit-on récompenser une direction qui a le culot de permettre à sa filiale Hydro-Production d’encaisser un profit de 1300 % sur le dos de la filiale Hydro-Distribution qui dessert la population? Cet incroyable profit a été réalisé lors des pointes de froid qui ont accablé les Québécois pendant l’hiver 2014.
De plus, comment le gouvernement Couillard peut-il récompenser une direction qui a liquidé 22 roulottes flambant neuves ou presque pour 34 000 $ alors que l’acheteur les a revendues subito presto pour 375 000 $, soit plus de 10 fois le prix de vente d’Hydro?
Que dire aussi de la vente de feu d’une turbine neuve de 79 millions $ de la centrale Gentilly-2 pour la somme ridicule de 75 000 $?
Je n’ai rien contre les dirigeants de la plus grande société d’État. Qu’on leur verse un bon salaire, c’est normal.
Mais leur verser une prime au rendement, voyons donc!
Est-ce une prime pour répondre aux ordres et aux commandes du gouvernement? Comme c’est le cas pour l’achat à gros prix d’énergie éolienne alors qu’Hydro est aux prises avec d’énormes surplus d’électricité!
Ou, est-ce une prime au rendement pour réussir à convaincre la Régie de l’énergie (qui appartient elle aussi au même gouvernement) de se faire accorder une hausse de tarif d’électricité? Quand on sait que ces hausses sont accordées en vertu de la rentabilité d’Hydro-Distribution… qui doit acheter son électricité d’Hydro-Production, laquelle lui a facturé de l’électricité à prix exorbitant de 1300 % de profits lors de certaines périodes de pointe, il y a de quoi se choquer.
Le comble !
Et le comble dans cette histoire de primes au rendement c’est de voir le gouvernement Couillard rétablir des primes alors que le précédent gouvernement libéral de Jean Charest les avait abolies. Des primes au rendement qui sont également de retour pour les dirigeants de trois autres sociétés d’État, la Société des alcools, Loto-Québec et Investissement Québec.
Pas rassurant du tout ce changement de cap de la part du gouvernement Couillard!
> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal de Montréal
Alors que le gouvernement Couillard offre à ses employés de la fonction publique et parapublique un gros 0 % d’augmentation, en vertu de quelle logique gouvernementale verse-t-il des primes de rendement aux dirigeants d’Hydro-Québec ?
Parce qu’Hydro a rapporté au gouvernement plus de profits que ce que le ministre des Finances avait anticipé? Quelque 22,8 millions $ de primes ont été versés en 2014 aux dirigeants d’Hydro, comme le rapportait hier Kathryne Lamontagne dans Le Journal.
Heille! Mais pour qui nous prend-on? Hydro-Québec c’est un monopole. Il n’y a aucun concurrent. Et un monopole qui offre par surcroît un service essentiel à la population.
Froid polaire
Si Hydro a réalisé en 2014 un supplément de profit par rapport aux attentes du gouvernement, c’est tout simplement parce que la population du Québec a été victime d’un froid sibérien lors de l’hiver 2014.
Et en vertu de quel sacro-saint principe doit-on récompenser une direction qui a le culot de permettre à sa filiale Hydro-Production d’encaisser un profit de 1300 % sur le dos de la filiale Hydro-Distribution qui dessert la population? Cet incroyable profit a été réalisé lors des pointes de froid qui ont accablé les Québécois pendant l’hiver 2014.
De plus, comment le gouvernement Couillard peut-il récompenser une direction qui a liquidé 22 roulottes flambant neuves ou presque pour 34 000 $ alors que l’acheteur les a revendues subito presto pour 375 000 $, soit plus de 10 fois le prix de vente d’Hydro?
Que dire aussi de la vente de feu d’une turbine neuve de 79 millions $ de la centrale Gentilly-2 pour la somme ridicule de 75 000 $?
Je n’ai rien contre les dirigeants de la plus grande société d’État. Qu’on leur verse un bon salaire, c’est normal.
Mais leur verser une prime au rendement, voyons donc!
Est-ce une prime pour répondre aux ordres et aux commandes du gouvernement? Comme c’est le cas pour l’achat à gros prix d’énergie éolienne alors qu’Hydro est aux prises avec d’énormes surplus d’électricité!
Ou, est-ce une prime au rendement pour réussir à convaincre la Régie de l’énergie (qui appartient elle aussi au même gouvernement) de se faire accorder une hausse de tarif d’électricité? Quand on sait que ces hausses sont accordées en vertu de la rentabilité d’Hydro-Distribution… qui doit acheter son électricité d’Hydro-Production, laquelle lui a facturé de l’électricité à prix exorbitant de 1300 % de profits lors de certaines périodes de pointe, il y a de quoi se choquer.
Le comble !
Et le comble dans cette histoire de primes au rendement c’est de voir le gouvernement Couillard rétablir des primes alors que le précédent gouvernement libéral de Jean Charest les avait abolies. Des primes au rendement qui sont également de retour pour les dirigeants de trois autres sociétés d’État, la Société des alcools, Loto-Québec et Investissement Québec.
Pas rassurant du tout ce changement de cap de la part du gouvernement Couillard!
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Des députés disent que le gouvernement fédéral devrait faire plus pour avertir les Canadiens sur les dangers du Wi-Fi, téléphones portables et moniteurs de bébé
1er juin 2015 – Source : Huffington Post Canada
(en anglais)
MPs On Health Committee Seek More Warnings About Cellphones, Wi-Fi, Baby Monitors
OTTAWA — The federal government should do more to warn Canadians about the dangers of Wi-Fi, cellphones and baby monitors, some MPs on the Commons health committee say.
« We are in a soup of radiation from cellphone and cellphone towers, and baby monitors and iPads, » Conservative MP Terence Young told The Huffington Post Canada. Health Canada, the department charged with helping Canadians maintain and improve their health, is failing to do its job, Young said.
« There is evidence of risks that they are refusing to recognize, » he said.
The House of Commons health committee recently heard from several scientists who questioned the safety of devices — such as cellphones, cordless phones, and wireless Internet routers — that emit radiofrequency (RF) radiation.
Dr. Martha Herbert, a research neuroscientist at Harvard Medical School, described a plausible link between autism and RF radiation exposure. She said radiation from cellphones penetrates deeper into children’s heads and can damage cells. She called for Wi-Fi to be banned in daycare and preschools and limited in schools after Grade 3.
Dr. Devra Davis, who worked with the U.S. National Academy of Sciences and shared in the Nobel Peace Prize with former U.S. vice-president Al Gore in 2007, outlined research that suggested that cellphone radiation affects the DNA of sperm as well as the fertility of middle-aged male rats.
« The evidence on the damaging effects of cellphone and other wireless radiation is as strong, if not stronger, than the evidence on climate change, » she told committee members.
Dr. Anthony Miller, a professor emeritus at the University of Toronto who has done research on ionizing radiation and cancer, and on electromagnetic fields and cancer, described a study in France that found a doubling of risk of glioma, the most malignant form of brain tumour, after two years of exposure to cellphones. « After five years, it was five times the risk, » he told MPs.
Miller, who also worked with the International Agency for Research on Cancer (IARC), which designated radio frequency fields as a class 2B carcinogen — that is, a possible cause of cancer, noted there were also reports of relatively young women developing unusual breast cancers in the exact position where they kept their cellphones in their bras.
Class 2B carcinogens also include items such as coffee, coconut oil and pickled vegetables.
Dariusz Leszczynski, a biosciences professor at the University of Helsinki, told MPs that the scientific community has polarized into two extremes, one group that believes cellphone and wireless communication radiation have no effect and another group that believes it has harmful effects.
But, Leszczynski said, a Royal Society of Canada expert panel — whose recommendations were used to update the current Health Canada safety standards in March — « was clearly biased towards the no-effect opinion, and some of the experts are known to advise the telecom industry. »
The chair of the Royal Society panel was dumped because of an undisclosed conflict of interest.
Dr. Paul Demers of Cancer Care Ontario, who took over as chair, told MPs his panel was asked to determine whether there were any established adverse health effects at levels below those recommended by Health Canada.
The standard, he said, was whether the adverse health effects had been seen consistently or observed in multiple studies using strong methodology. « It required an effect being observed in not just a single study, » he said.
In its April report, the panel found no evidence of adverse health effects occurring at levels below those allowed by Safety Code 6 — the regulations laid out by Health Canada. However, the panel noted it was possible that future studies might alter the balance of evidence and it called on the department to aggressively pursue research on RF radiation and cancer.
Anne-Marie Nicol, an epidemiologist at Simon Fraser University who was part of the Royal Society expert panel, told committee members she felt it was important that scientists understand what people are exposed to and what their symptoms might be.
« Currently, that data is not being collected, » she said.
Young told HuffPost he believes the benchmark the expert panel used was too high and that they ignored studies that suggested a possible risk.
« Everybody knows that cigarettes cause lung cancer, but it took them decades to prove it, » he said. « If we wait and wait for these epidemiological studies to show a correlation between heavy cellphone use, like keeping it to your head year after year, how many people might die if it turns out that cellphones to your head for an hour a day do cause gliomas? »
Young, whose Oakville, Ont., riding is home to the lobby group Canadians for Safe Technology, has been trying to persuade Ottawa to mandate warning labels on cellphones so Canadians are aware of the potential risks. His private member’s bill, C-648, an act respecting the prevention of potential health risks from radiofrequency electromagnetic radiation, has support from MPs from all parties but has no chance of becoming law before the next election.
There are more than 24 million cellphone users in Canada.
« Canadians are among the heaviest users of wireless technology in the world, » Bernard Lord, the CEO of the Canadian Wireless Telecommunications Association, told the MPs.
On its website, Health Canada states that RF energy poses no confirmed health risks but it acknowledges that a small number of epidemiological studies have shown brain cancer rates may be elevated in long-term/heavy cellphone users.
The department says Canadians can take practical measures to reduce their RF exposure by:
– limiting the length of cellphone calls;
– using hands-free devices;
– texting instead of calling.
Health Canada says Safety Code 6 limits are designed to provide protection for all age groups 24 hours a day, seven days a week.
But the department also says that « while there is no evidence that children and teenagers are at increased risk, Health Canada encourages parents to limit their children’s use of cellphones, as children are often at increased risk from a variety of environmental factors. »
Young wonders why Health Canada is warning parents to limit their children’s use if there is no evidence of risk.
Frank Clegg, the past president of Microsoft Canada and the head of Canadians for Safe Technology, believes Safety Code 6 is significantly higher than it needs to be. He thinks Health Canada cherry-picked the scientists on its expert panel and kept scientists with contrary opinions off it.
« I’ve been in this industry my whole life, and there are solutions out there that are safe, » he said. But governments need to force [industry] to do it, Clegg added.
« Unfortunately, Canadians are clueless that, if not used properly, these devices (cellphones, cordless phones, baby monitors and wireless routers) can harm them, their children and grandchildren, » he said.
« I don’t blame parents. They don’t know. I blame Health Canada for not running a campaign to say, mom and dad, don’t use these things as pacifiers, » he said, about cellphones and tablets.
Health Minister Mum On Public Education Campaign
Cellphone manufacturers do warn consumers not to use their products pressed against their heads or their bodies.
One iPhone 5 warning, buried deep in the legal notices, states: « Carry iPhone at least 10 mm away from your body to ensure exposure levels remain at or below the as-tested levels. » Heads-free option such as the speakerphone and supplied headphones can be used to limit RF exposure, the warning states. Cases that have metal parts may also change RF exposure in a way that has not been tested or certified, the warning adds.
A Blackberry warning for the Bold 9780 states that it should be carried 25 mm away from the body while the device is transmitting. « The long-term effects of exceeding RF exposure standards might present a risk of serious harm, » the manufacturer’s booklet notes.
The Canadian Wireless Telecommunications Association’s Marc Choma told HuffPost the warnings are there because it is impossible to test cellphones in all the different ways they are used.
Choma, who is senior director of communications, said the industry merely « follows the standards that are put in front of us, and we don’t lobby for safety standards either. »
He said he would oppose any public education campaign from Health Canada on the basis that there is no evidence from credible scientists that says wireless devices are harmful to human health.
« If you have 10,000 studies that don’t find any health effect and you find 20 studies that suggest maybe there is something, you have to take that into account, and that’s how they arrive at the health standard, » he said.
A public education campaign « would be alarmist, » he added. « Nothing has been proven that it is a danger or that it is going to affect your health, so why would you put a warning or why would you educate people on that? »
Health Minister Rona Ambrose declined to say whether she thought a public education campaign was needed. The department recently spent $7 million to warn Canadians about the dangers of marijuana.
Michael Bolkenius, Ambrose’s press secretary, said current guidelines were set by Health Canada experts who constantly monitor the latest science and routinely review safety limits. “Canada’s limits are similar to those of other countries around the world like the United States, Australia, the European Union and Japan,” he said.
Several countries, however, have much tougher guidelines. In France and Israel, Wi-Fi is banned in pre-schools. In France and Belgium, it is illegal for cellphones ads to target children under 14, and phones intended for young children are banned. Last month, the city council in Berkeley, Calif., passed a law requiring health warnings to be distributed with the purchase of a cellphone.
Liberal health critic Hedy Fry said Canada should adopt a precautionary approach while long-term studies are conducted.
« Let’s not wait until we have absolute proof that there is harm, when there [are early indications] that there is harm, » the Vancouver physician said.
Drug companies put warning labels on their products, Fry said, and so should cellphone and wireless manufacturers.
« We shouldn’t have to find out 30 years from now, or 15 years from now, that we have created irreversible damage to people, » she said.
« We are not saying don’t use it — this is an important progressive device — what we are saying is look at how you use it, how often, how you store it, how you keep it. »
« Nobody is saying ban anything. … Just err on the side of caution. »
Two NDP MPs on the health committee declined to be interviewed. Victoria MP Murray Rankin told HuffPost he didn’t care to discuss the matter.
The health committee is currently reviewing its draft report.
CORRECTION: A previous version of this story incorrectly stated professor Dariusz Leszczynski had qualified the two groups of scientists as a larger group which believes cellphones and wireless have no effects and a smaller group who believes it has harmful effects. In fact, Leszczysnki said the groups should not be qualified as big and small group because the size of the groups was never examined. An earlier version of this story also misspelled Marc Choma’s name.
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(en anglais)
MPs On Health Committee Seek More Warnings About Cellphones, Wi-Fi, Baby Monitors
OTTAWA — The federal government should do more to warn Canadians about the dangers of Wi-Fi, cellphones and baby monitors, some MPs on the Commons health committee say.
« We are in a soup of radiation from cellphone and cellphone towers, and baby monitors and iPads, » Conservative MP Terence Young told The Huffington Post Canada. Health Canada, the department charged with helping Canadians maintain and improve their health, is failing to do its job, Young said.
« There is evidence of risks that they are refusing to recognize, » he said.
The House of Commons health committee recently heard from several scientists who questioned the safety of devices — such as cellphones, cordless phones, and wireless Internet routers — that emit radiofrequency (RF) radiation.
Dr. Martha Herbert, a research neuroscientist at Harvard Medical School, described a plausible link between autism and RF radiation exposure. She said radiation from cellphones penetrates deeper into children’s heads and can damage cells. She called for Wi-Fi to be banned in daycare and preschools and limited in schools after Grade 3.
Dr. Devra Davis, who worked with the U.S. National Academy of Sciences and shared in the Nobel Peace Prize with former U.S. vice-president Al Gore in 2007, outlined research that suggested that cellphone radiation affects the DNA of sperm as well as the fertility of middle-aged male rats.
« The evidence on the damaging effects of cellphone and other wireless radiation is as strong, if not stronger, than the evidence on climate change, » she told committee members.
Dr. Anthony Miller, a professor emeritus at the University of Toronto who has done research on ionizing radiation and cancer, and on electromagnetic fields and cancer, described a study in France that found a doubling of risk of glioma, the most malignant form of brain tumour, after two years of exposure to cellphones. « After five years, it was five times the risk, » he told MPs.
Miller, who also worked with the International Agency for Research on Cancer (IARC), which designated radio frequency fields as a class 2B carcinogen — that is, a possible cause of cancer, noted there were also reports of relatively young women developing unusual breast cancers in the exact position where they kept their cellphones in their bras.
Class 2B carcinogens also include items such as coffee, coconut oil and pickled vegetables.
Dariusz Leszczynski, a biosciences professor at the University of Helsinki, told MPs that the scientific community has polarized into two extremes, one group that believes cellphone and wireless communication radiation have no effect and another group that believes it has harmful effects.
But, Leszczynski said, a Royal Society of Canada expert panel — whose recommendations were used to update the current Health Canada safety standards in March — « was clearly biased towards the no-effect opinion, and some of the experts are known to advise the telecom industry. »
The chair of the Royal Society panel was dumped because of an undisclosed conflict of interest.
Dr. Paul Demers of Cancer Care Ontario, who took over as chair, told MPs his panel was asked to determine whether there were any established adverse health effects at levels below those recommended by Health Canada.
The standard, he said, was whether the adverse health effects had been seen consistently or observed in multiple studies using strong methodology. « It required an effect being observed in not just a single study, » he said.
In its April report, the panel found no evidence of adverse health effects occurring at levels below those allowed by Safety Code 6 — the regulations laid out by Health Canada. However, the panel noted it was possible that future studies might alter the balance of evidence and it called on the department to aggressively pursue research on RF radiation and cancer.
Anne-Marie Nicol, an epidemiologist at Simon Fraser University who was part of the Royal Society expert panel, told committee members she felt it was important that scientists understand what people are exposed to and what their symptoms might be.
« Currently, that data is not being collected, » she said.
Young told HuffPost he believes the benchmark the expert panel used was too high and that they ignored studies that suggested a possible risk.
« Everybody knows that cigarettes cause lung cancer, but it took them decades to prove it, » he said. « If we wait and wait for these epidemiological studies to show a correlation between heavy cellphone use, like keeping it to your head year after year, how many people might die if it turns out that cellphones to your head for an hour a day do cause gliomas? »
Young, whose Oakville, Ont., riding is home to the lobby group Canadians for Safe Technology, has been trying to persuade Ottawa to mandate warning labels on cellphones so Canadians are aware of the potential risks. His private member’s bill, C-648, an act respecting the prevention of potential health risks from radiofrequency electromagnetic radiation, has support from MPs from all parties but has no chance of becoming law before the next election.
There are more than 24 million cellphone users in Canada.
« Canadians are among the heaviest users of wireless technology in the world, » Bernard Lord, the CEO of the Canadian Wireless Telecommunications Association, told the MPs.
On its website, Health Canada states that RF energy poses no confirmed health risks but it acknowledges that a small number of epidemiological studies have shown brain cancer rates may be elevated in long-term/heavy cellphone users.
The department says Canadians can take practical measures to reduce their RF exposure by:
– limiting the length of cellphone calls;
– using hands-free devices;
– texting instead of calling.
Health Canada says Safety Code 6 limits are designed to provide protection for all age groups 24 hours a day, seven days a week.
But the department also says that « while there is no evidence that children and teenagers are at increased risk, Health Canada encourages parents to limit their children’s use of cellphones, as children are often at increased risk from a variety of environmental factors. »
Young wonders why Health Canada is warning parents to limit their children’s use if there is no evidence of risk.
Frank Clegg, the past president of Microsoft Canada and the head of Canadians for Safe Technology, believes Safety Code 6 is significantly higher than it needs to be. He thinks Health Canada cherry-picked the scientists on its expert panel and kept scientists with contrary opinions off it.
« I’ve been in this industry my whole life, and there are solutions out there that are safe, » he said. But governments need to force [industry] to do it, Clegg added.
« Unfortunately, Canadians are clueless that, if not used properly, these devices (cellphones, cordless phones, baby monitors and wireless routers) can harm them, their children and grandchildren, » he said.
« I don’t blame parents. They don’t know. I blame Health Canada for not running a campaign to say, mom and dad, don’t use these things as pacifiers, » he said, about cellphones and tablets.
Health Minister Mum On Public Education Campaign
Cellphone manufacturers do warn consumers not to use their products pressed against their heads or their bodies.
One iPhone 5 warning, buried deep in the legal notices, states: « Carry iPhone at least 10 mm away from your body to ensure exposure levels remain at or below the as-tested levels. » Heads-free option such as the speakerphone and supplied headphones can be used to limit RF exposure, the warning states. Cases that have metal parts may also change RF exposure in a way that has not been tested or certified, the warning adds.
A Blackberry warning for the Bold 9780 states that it should be carried 25 mm away from the body while the device is transmitting. « The long-term effects of exceeding RF exposure standards might present a risk of serious harm, » the manufacturer’s booklet notes.
The Canadian Wireless Telecommunications Association’s Marc Choma told HuffPost the warnings are there because it is impossible to test cellphones in all the different ways they are used.
Choma, who is senior director of communications, said the industry merely « follows the standards that are put in front of us, and we don’t lobby for safety standards either. »
He said he would oppose any public education campaign from Health Canada on the basis that there is no evidence from credible scientists that says wireless devices are harmful to human health.
« If you have 10,000 studies that don’t find any health effect and you find 20 studies that suggest maybe there is something, you have to take that into account, and that’s how they arrive at the health standard, » he said.
A public education campaign « would be alarmist, » he added. « Nothing has been proven that it is a danger or that it is going to affect your health, so why would you put a warning or why would you educate people on that? »
Health Minister Rona Ambrose declined to say whether she thought a public education campaign was needed. The department recently spent $7 million to warn Canadians about the dangers of marijuana.
Michael Bolkenius, Ambrose’s press secretary, said current guidelines were set by Health Canada experts who constantly monitor the latest science and routinely review safety limits. “Canada’s limits are similar to those of other countries around the world like the United States, Australia, the European Union and Japan,” he said.
Several countries, however, have much tougher guidelines. In France and Israel, Wi-Fi is banned in pre-schools. In France and Belgium, it is illegal for cellphones ads to target children under 14, and phones intended for young children are banned. Last month, the city council in Berkeley, Calif., passed a law requiring health warnings to be distributed with the purchase of a cellphone.
Liberal health critic Hedy Fry said Canada should adopt a precautionary approach while long-term studies are conducted.
« Let’s not wait until we have absolute proof that there is harm, when there [are early indications] that there is harm, » the Vancouver physician said.
Drug companies put warning labels on their products, Fry said, and so should cellphone and wireless manufacturers.
« We shouldn’t have to find out 30 years from now, or 15 years from now, that we have created irreversible damage to people, » she said.
« We are not saying don’t use it — this is an important progressive device — what we are saying is look at how you use it, how often, how you store it, how you keep it. »
« Nobody is saying ban anything. … Just err on the side of caution. »
Two NDP MPs on the health committee declined to be interviewed. Victoria MP Murray Rankin told HuffPost he didn’t care to discuss the matter.
The health committee is currently reviewing its draft report.
CORRECTION: A previous version of this story incorrectly stated professor Dariusz Leszczynski had qualified the two groups of scientists as a larger group which believes cellphones and wireless have no effects and a smaller group who believes it has harmful effects. In fact, Leszczysnki said the groups should not be qualified as big and small group because the size of the groups was never examined. An earlier version of this story also misspelled Marc Choma’s name.
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mardi 2 juin 2015
Hydro-Québec: des bonis grâce au froid et aux trop-perçus
2 juin 2015 – Source : Journal de Montréal
Les cadres d’Hydro-Québec qui ont empoché 22,8 millions $ de bonis de performance l’an dernier doivent surtout une fière chandelle aux températures très froides et à des prévisions trop optimistes, soutient l’Union des consommateurs.
Sur le même sujet: Des primes généreuses pour les cadres d’Hydro-Québec
«N’eût été le froid et les trop-perçus, Hydro-Québec n’aurait jamais atteint les 3 milliards $ de profits nets l’an dernier», souligne l’analyste en énergie, Marc-Olivier Moisan-Plante.
Pour déclencher le paiement de généreux bonis à ses 1768 cadres, Hydro-Québec devait réaliser l’an dernier 3,05 milliards $ de profits. Or, Hydro-Québec a annoncé des profits records de 3,38 milliards $.
Pour justifier le versement de ces primes, la direction d’Hydro-Québec a attribué cette performance au solide rendement de l’entreprise sur tous les marchés, conjugué à une saine gestion des charges d’exploitation.
Climat favorable
En analysant toutefois de plus près les données financières de la société d’État, on constate qu’Hydro-Québec a bénéficié l’an dernier de «conditions climatiques favorables» (froid polaire) qui lui permis d’engranger des revenus supplémentaires de 342 millions $, dont 166 millions $ au Québec, avance M. Moisan-Plante.
À cela, les divisions Distribution et Transports d’Hydro-Québec ont également réalisé 160 millions $ de trop-perçus que le gouvernement Couillard a décidé de conserver dans ses coffres.
De cette somme, l’Union des consommateurs calcule qu’au moins 100 millions $ auraient dû être retournés à la clientèle d’Hydro-Québec. Ce qui n’a pas été fait.
«Cadeau inutile»
Selon ce dernier, il est tout à fait «odieux de venir récompenser» les cadres d’Hydro-Québec pour l’hiver froid ou encore un changement législatif du gouvernement.
«Un cadeau inutile alors que le gouvernement coupe les services à la population partout ailleurs. Un cadeau payé à même nos tarifs», a-t-il fait valoir.
Rappelons que le retour des primes de rendement aux gestionnaires de sociétés d’État a été très payant pour les dirigeants d’Hydro-Québec. Certains cadres ont notamment pu encaisser des primes pouvant aller jusqu’à 30 % de leur salaire annuel l’an dernier.
Le PDG démissionnaire d’Hydro-Québec, Therry Vandal, a notamment mis la main sur une prime de 140 000 $ en plus de son salaire annuel de 469 188 $.
> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal de Montréal
Les cadres d’Hydro-Québec qui ont empoché 22,8 millions $ de bonis de performance l’an dernier doivent surtout une fière chandelle aux températures très froides et à des prévisions trop optimistes, soutient l’Union des consommateurs.
Sur le même sujet: Des primes généreuses pour les cadres d’Hydro-Québec
«N’eût été le froid et les trop-perçus, Hydro-Québec n’aurait jamais atteint les 3 milliards $ de profits nets l’an dernier», souligne l’analyste en énergie, Marc-Olivier Moisan-Plante.
Pour déclencher le paiement de généreux bonis à ses 1768 cadres, Hydro-Québec devait réaliser l’an dernier 3,05 milliards $ de profits. Or, Hydro-Québec a annoncé des profits records de 3,38 milliards $.
Pour justifier le versement de ces primes, la direction d’Hydro-Québec a attribué cette performance au solide rendement de l’entreprise sur tous les marchés, conjugué à une saine gestion des charges d’exploitation.
Climat favorable
En analysant toutefois de plus près les données financières de la société d’État, on constate qu’Hydro-Québec a bénéficié l’an dernier de «conditions climatiques favorables» (froid polaire) qui lui permis d’engranger des revenus supplémentaires de 342 millions $, dont 166 millions $ au Québec, avance M. Moisan-Plante.
À cela, les divisions Distribution et Transports d’Hydro-Québec ont également réalisé 160 millions $ de trop-perçus que le gouvernement Couillard a décidé de conserver dans ses coffres.
De cette somme, l’Union des consommateurs calcule qu’au moins 100 millions $ auraient dû être retournés à la clientèle d’Hydro-Québec. Ce qui n’a pas été fait.
«Cadeau inutile»
Selon ce dernier, il est tout à fait «odieux de venir récompenser» les cadres d’Hydro-Québec pour l’hiver froid ou encore un changement législatif du gouvernement.
«Un cadeau inutile alors que le gouvernement coupe les services à la population partout ailleurs. Un cadeau payé à même nos tarifs», a-t-il fait valoir.
Rappelons que le retour des primes de rendement aux gestionnaires de sociétés d’État a été très payant pour les dirigeants d’Hydro-Québec. Certains cadres ont notamment pu encaisser des primes pouvant aller jusqu’à 30 % de leur salaire annuel l’an dernier.
Le PDG démissionnaire d’Hydro-Québec, Therry Vandal, a notamment mis la main sur une prime de 140 000 $ en plus de son salaire annuel de 469 188 $.
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Thierry Vandal – Le bilan
2 juin 2015 – Source : Magazine Forces
Thierry Vandal arborait un large sourire quand nous l’avons rencontré au siège social d’Hydro-Québec, le vendredi 1er mai, dernier jour de sa présidence. Il nous a avoué ressentir un pincement au cœur en quittant l’institution où il œuvrait depuis 18 ans, dont 10 à sa direction, mais rien pour altérer sa joie de passer à autre chose, d’aller relever d’autres défis. C’est tout de même un président bien en selle qui nous a accordé sa dernière entrevue, toujours prompt à défendre la société d’État qu’il présidait depuis 2005. Voici le bilan qu’il dresse de ses 10 ans à la direction d’Hydro-Québec.
Quelle a été votre contribution majeure pendant vos 10 années à la tête d’Hydro-Québec ?
Hydro-Québec n’est pas une société d’État ordinaire ; c’est à la fois une grande entreprise et un projet collectif. Elle existe depuis 70 ans et elle sera là encore longtemps. J’étais donc très conscient, quand j’en ai pris la direction, d’hériter d’une responsabilité importante. André Caillé m’avait laissé une organisation solide, et mon seul objectif a été de la laisser dans une situation un peu meilleure que celle dont j’avais hérité. Je pense que c’est le bilan que je peux faire aujourd’hui. Hydro-Québec a continué de se développer dans ses créneaux porteurs, ses projets ont été menés à terme, sa situation financière est extrêmement saine.
Mais je crois que ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir réussi à améliorer les relations avec nos employés et avec les communautés autochtones. Car sans leur collaboration, il nous est impossible de remplir notre mission première, fournir de l’électricité aux Québécois. Sur ces deux fronts, nous avions des défis à relever, et nous y sommes parvenus. Réalisez-vous que toutes les conventions collectives de nos employés ont été renouvelées ces dernières années sans aucun arrêt de travail, y compris la dernière, qui prévoit pourtant un gel des salaires de deux ans et une hausse des cotisations aux régimes de retraite ? C’est un résultat remarquable ! Le climat de travail est sain et la communication avec les leaders syndicaux, excellente. Je suis très fier de ça.
Avec les communautés autochtones aussi, les relations ont été assainies. Les Cris, notamment, sont devenus des partenaires d’Hydro-Québec, une idée impensable quand je suis arrivé ici en 1996.
Sont-elles aussi bonnes avec les Innus d’Uashat-Maliotenam ? On se souvient qu’ils ont bloqué la route 138 pour protester contre le projet de la Romaine.
Oui, mais on a finalement signé une entente avec eux pour la Romaine. C’est d’ailleurs avec les Innus qu’on a relancé le développement hydroélectrique à la fin des années 90, avec Toulnustouc. Toulnustouc a eu des retombées économiques importantes pour les Innus de Bestsamites et a servi de modèle pour les ententes signées par la suite avec les Attikameks et les Cris.
Grâce à la Paix des Braves, nous avons pu aménager les rivières Eastmain et Rupert, un immense projet de 5 milliards de dollars réalisé en deçà du coût prévu et avant la fin de l’échéancier, ce qui est rare de nos jours ! Nous sommes sur la bonne voie pour répéter un tel exploit avec Romaine. Je reconnais que les relations avec les autochtones demeurent complexes, mais on a réussi à en faire des partenaires. De cela aussi, je suis fier.
Si vous posez la question aux consommateurs d’électricité, par contre, ils vous diront sans doute que le bilan des dix dernières années est une hausse continue des tarifs, qui n’a pas l’air de vouloir s’arrêter.
C’est vrai que les tarifs ont augmenté, mais leur hausse a suivi, en gros, le rythme de l’inflation. Il y a même eu des baisses, en 2011 et 2012 ; on n’a pas vu ça ailleurs sur la planète. Malgré la hausse des tarifs, la situation des consommateurs québécois demeure une des plus avantageuses au Canada et aux États-Unis.
Ces décisions ont-elles encore un sens alors que le coût de l’électricité produite par les éoliennes est plus élevé que le prix du marché et que, de surcroît, nous avons des surplus d’électricité ?
L’éolien au Québec a démarré essentiellement en 2002-2003, à un moment où tout indiquait que les besoins en électricité étaient fortement à la hausse, et les prix aussi. On ne parlait pas du gaz de schiste, et tout le monde s’attendait à ce que le prix du marché rejoigne le coût de production de l’éolien qui, dès cette époque, excédait celui de l’hydroélectricité. Pour Hydro-Québec, il n’y avait pas de dilemme entre rentabilité et développement économique. Mais à partir de 2007, il y a eu une grande restructuration dans l’industrie des pâtes et papiers qui a fait chuter dramatiquement le nombre de papetières, entraînant une chute tout aussi spectaculaire de la demande d’électricité, car cette industrie était notre plus gros client industriel. Cette baisse de la demande, couplée à la baisse du prix de l’électricité, a rendu inutile et non rentable le développement de l’éolien.
Arrive ensuite la grande récession de 2008-2009, et tous les gouvernements sur la planète sont à la recherche de projets d’infrastructure pour relancer leurs économies. Notre gouvernement décide alors de soutenir le développement éolien, malgré le contexte défavorable que je viens de vous décrire, parce qu’il profite à des régions qui traversent une période économique difficile. C’est sûr qu’aujourd’hui on a des surplus, qu’aujourd’hui aussi on est conscient du coût de cette filière, mais il faut se rappeler qu’elle répondait à des impératifs de crise économique et de développement régional.
Au total, cependant, Hydro-Québec ne perd pas d’argent avec les éoliennes. Elle n’achète pas l’électricité à 10 cents/kWh pour la revendre à 3 cents/kWh, par exemple, ce qui serait inacceptable pour une société à vocation commerciale ; elle répercute directement les coûts de l’éolien dans les tarifs offerts à ses clients. C’est ce que font toutes les sociétés d’énergie dans le monde, en Allemagne, en Espagne ou aux États-Unis, car toutes font l’hypothèse qu’on ne se trompe pas en privilégiant le développement d’énergies renouvelables comme l’éolien.
Pourtant, la stratégie énergétique déposée sous l’ancien gouvernement l’invitait à mettre un frein au développement éolien ?
C’est vrai, et il faut reconnaître qu’au Québec, on a déjà beaucoup d’énergies renouvelables, l’hydroélectricité étant essentiellement une énergie renouvelable. La question qui se pose aujourd’hui, c’est : à quel rythme doit-on poursuivre le développement de l’éolien ? En a-t-on fait assez pour que cette industrie se renouvelle simplement en entretenant le parc existant par exemple ? Est-elle en mesure de s’autosuffire ?
Les questions que vous posez à propos de l’éolien, d’autres les posent à propos des alumineries et se demandent si les bas tarifs qu’on leur consent en valent la peine. Êtes-vous certain que l’on mise sur les bons chevaux pour développer le Québec ?
C’est aux hommes et aux femmes politiques de faire les arbitrages entre les diverses industries qu’on doit soutenir, pas à moi. Dans les années 1970-1980, on venait de terminer la Baie James et on avait de l’électricité en abondance et à faible coût ; on a alors décidé d’utiliser cet avantage pour attirer les alumineries, très énergivores.
Aujourd’hui, ces entreprises sont installées dans des régions qui éprouvent des difficultés économiques, et ce n’est pas toujours facile de regarder froidement cette situation et de déclarer qu’il faut mettre fin à ces politiques de tarifs avantageux. En ce sens, je comprends les hommes et les femmes politiques ; j’ai beaucoup de respect pour eux.
Leurs choix affectent tout de même la rentabilité d’Hydro-Québec. Est-ce qu’il n’y a pas des jours où vous vous êtes dit : « Je suis un trop bon soldat» ?
Non, je viens d’une famille de militaires, mon père lui-même était un militaire. J’ai toujours compris qu’Hydro-Québec avait des comptes à rendre à son actionnaire, comme toutes les entreprises qui ont des actionnaires. Je suis un gestionnaire, je savais dès le départ que ce n’était pas à Hydro-Québec de déterminer les politiques de développement industriel, par rapport à l’aluminium, à l’éolien ou à tout autre secteur, mais à la sphère politique. Je vis bien avec cela.
Vous nous décrivez une entreprise qui a peu d’indépendance par rapport au gouvernement. On est bien loin de l’époque où on disait qu’Hydro-Québec était l’État dans l’État. Y a-t-il eu un changement de mission à Hydro-Québec ?
Il n’y a pas eu de changement de mission. Cela fait 18 ans que je suis à Hydro-Québec, et la mission que Lucien Bouchard a confiée à André Caillé, lorsqu’il l’a nommé à la tête de l’organisation, et que je me suis joint à son équipe, n’a pas changé. Ce qui a changé, ce sont les conditions de marché. Il y a eu une déréglementation majeure du marché nord-américain de l’énergie, les prix fluctuent maintenant selon l’offre et la demande. Nous avons dû apprendre à vivre avec ces fluctuations, à vendre et à acheter de l’électricité quand les prix nous étaient favorables, à différentes périodes de l’année et même de la journée. Nous avons réussi, et je dirais même que nous excellons à ce chapitre. Une partie appréciable des bénéfices d’Hydro-Québec, qui se sont élevés à 3,4 G$ en 2014, a été réalisée grâce aux avantages que nous avons su tirer de ces fluctuations de prix. Nous avons prospéré aussi sur le marché québécois, un marché en grande partie réglementé. Que ce soit dans un cadre réglementé ou déréglementé, nous avons poursuivi notre croissance et gagné en efficacité. Depuis six ans, nos actifs ont augmenté de 14 G$ et nos charges d’exploitation n’ont pas bougé. Si c’est être bon soldat que d’avoir obtenu de si bons résultats, j’accepte le qualificatif.
La preuve, c’est que vous avez survécu à deux gouvernements, ce qui est rare dans le cas des présidents d’Hydro-Québec.
Oui, je suis arrivé ici en 1996 et j’ai eu le plaisir de travailler avec plusieurs premiers ministres : messieurs Bouchard, Landry, Charest, madame Marois, et maintenant monsieur Couillard. Et j’ai énormément de respect pour le travail de tous ces gens. Dans l’entrée de l’édifice d’Hydro-Québec trône le buste de René Lévesque et, dans la salle du conseil, celui de Robert Bourassa. Il y a une continuité historique à Hydro-Québec et, je le répète, Hydro-Québec est un projet collectif : elle appartient à tout le monde, et je me suis très bien inscrit dans cette perspective-là.
Une autre chose qui a changé sous votre gouverne, c’est la découverte des gaz de schiste aux États-Unis, si abondants qu’ils ont provoqué l’effondrement du prix du gaz naturel et des autres formes d’énergie sur les marchés, dont l’électricité. Finie l’époque où Hydro-Québec pouvait exporter ses surplus et engranger des profits à coup sûr, non ?
Comme le disait Mark Twain, « les rumeurs annonçant notre mort sont largement exagérées ». Ça fait des années que la rumeur court que les exportations d’électricité ne sont pas rentables, mais, encore l’an dernier, malgré la baisse de prix, nous avons connu une très bonne année, et ça augure encore bien pour cette année-ci. Une des raisons est que, mis à part le contrat avec le Vermont, nous avons peu de contrats à long terme qui nous obligeraient à vendre de l’électricité, même quand son prix est très bas. Quand on dit que le prix du gaz naturel a atteint un creux, on parle de son prix moyen ; pendant l’année, il arrive qu’il soit plus bas ou plus élevé, plus élevé à Boston et plus faible à Houston. Le prix de l’électricité suit ces fluctuations et nous ne la vendons que lorsque son prix est élevé. Nous pouvons le faire parce que nous avons un atout exceptionnel et assez unique, que des centrales nucléaires ou thermiques n’ont pas : la capacité de stocker l’énergie. Quand les prix sont bas, nous laissons l’eau s’accumuler dans les réservoirs et, quand ils sont élevés, nous faisons fonctionner nos turbines à plein régime pour profiter de la manne. En ce moment, on exporte peu, car ce sont des semaines creuses, il ne fait pas assez froid, ni assez chaud. On en profite pour effectuer l’entretien des centrales et on se prépare pour donner un grand coup durant l’été et peut-être à l’automne, s’il est précoce.
C’est cette flexibilité qui nous a permis de rentabiliser nos exportations d’électricité des dernières années, malgré la baisse du prix à l’exportation. De fait, on a exporté plus d’électricité aux É.-U. cette année que pendant les deux dernières années parce que les Américains ont fermé plusieurs centrales thermiques au charbon, qu’ils ont dû remplacer par d’autres sources d’énergie.
Ne les ont-ils pas remplacées par des centrales au gaz naturel, abondant et peu cher, plutôt que par l’hydroélectricité ?
Oui, en partie, le gaz naturel a grugé nos parts de marché, mais nous avons quand même accru notre présence à New York et en Nouvelle-Angleterre. Car le gaz naturel a ses faiblesses aussi. C’est une énergie fossile polluante, alors que l’hydroélectricité est propre et renouvelable, et les infrastructures pour transporter le gaz accusent un certain retard, alors que nos lignes de transport sont déjà en place. Nous fondons aussi beaucoup d’espoir sur nos exportations vers l’Ontario ; comme il va procéder pendant les quinze prochaines années à la réfection de son parc nucléaire, il aura besoin d’électricité.
Hydro-Québec compte beaucoup sur ces marchés d’exportation, et je suis confiant pour l’avenir. Il y aura des années fortes, des années faibles, mais la trajectoire est très claire : l’énergie renouvelable va prendre une place de plus en plus importante ici comme ailleurs.
Mais nous n’avons aucun contrôle sur la politique énergétique des Américains, ni sur leur volonté de lutter contre les changements climatiques dont nos exportations sont fortement tributaires.
Je le reconnais, mais les décisions que le président Obama et madame McCarthy, de l’EPA (Environnement Protection Agency), ont prises récemment vont dans ce sens. Leur nouvelle réglementions des émissions de CO2 va mener à la fermeture de 50 centrales au charbon ! Cette année seulement, 26 000 mégawatts produits par la combustion du charbon seront retranchés de la production énergétique américaine. C’est colossal !
Êtes-vous sûr que nos exportations vont en profiter? Certains Américains soutiennent toujours que l’hydroélectricité n’est pas une énergie renouvelable.
Le débat n’est plus là. Les Américains ne vont pas instaurer une réglementation pour favoriser l’hydroélectricité québécoise ! Aux É.-U., les énergies renouvelables, ce sont l’éolien, le solaire, la biomasse, et leur réglementation va d’abord favoriser ces filières-là. Par contre, elle va forcer chaque État à déployer un plan pour accélérer la transition du charbon vers d’autres filières plus propres, ce qu’est l’hydroélectricité. À terme, cela va favoriser les exportations d’Hydro-Québec, qui, si elles ne sont pas avantagées, ne seront pas pénalisées à tout le moins.
Parlons du Plan Nord : presque la moitié des investissements annoncés dans sa dernière mouture viendront d’Hydro-Québec. Le Plan Nord ne risque-t-il pas de mettre sous pression la rentabilité d’Hydro-Québec ?
Non, parce que si des compagnies minières décident d’extraire du minerai dans la fosse du Labrador, et que nous nous engageons à leur fournir de l’électricité, les tarifs seront fixés de manière à ce que ce soit rentable pour Hydro-Québec. Cependant, deux conditions devront être réunies avant que nous en arrivions là : le raffermissement des prix du minerai de fer et la perspective de croissance de la demande d’énergie. Nous ne construirons pas de centrales électriques tant que des compagnies minières ne s’engageront pas à y exploiter des sites.
À long terme, je suis persuadé que nos investissements dans le Plan Nord s’avéreront intéressants. Il y a beaucoup de ressources minières dans la fosse du Labrador, il y a aussi dans le Nord des communautés qui bénéficieront de pouvoir se raccorder à un réseau électrique. Ces communautés, où la croissance démographique est forte, sont actuellement branchées sur des centrales au diésel, polluantes et coûteuses.
Nos investissements dans le Plan Nord prévoient aussi la construction de routes et de réseaux de communication. Ces infrastructures deviendront un atout majeur pour le développement du Nord, comme l’est la Transtaïga pour la Jamésie et la route vers La Romaine pour la Côte-Nord.
Une autre marque de votre passage à Hydro-Québec aura été la hausse continue du dividende versé au gouvernement. Et cela, malgré les bas tarifs, la chute des prix à l’exportation, les rabais consentis aux alumineries, les coûteux achats d’énergie éolienne et les salaires élevés de vos employés. N’est-ce pas devenu une mission impossible que de verser toujours plus de dividendes au gouvernement ?
Ça ne l’est pas. J’y suis arrivé, et je suis sûr que mon successeur y arrivera aussi. Vous avez énuméré les facteurs qui ont un impact négatif sur les rendements d’Hydro-Québec, mais vous oubliez ceux qui vont dans l’autre direction, les gains technologiques qui nous permettent de réduire nos coûts. Les compteurs intelligents en font partie. Les techniques de construction aussi. À la centrale Romaine 1, l’assemblage du groupe turbine alternateur s’est fait en 12 mois ; on avait mis cinq ans à le faire à la première Baie James. Quand on remplace une turbine de 30 ans au complexe La Grande, la turbine de nouvelle génération produit plus d’électricité avec la même quantité d’eau. Tous ces développements technologiques soutiennent notre rentabilité, même si les conditions de marché connaissent un certain recul.
Cette pression sur les dividendes n’a-t-elle pas un peu terni l’image d’Hydro-Québec ? Vous avez dit qu’Hydro-Québec appartenait à tout le monde ; plusieurs Québécois croient plutôt qu’elle appartient au gouvernement, qu’elle est devenue sa vache à lait. N’avez-vous pas observé une perte de confiance en Hydro-Québec pendant votre mandat ?
Non, la confiance à l’égard d’Hydro-Québec demeure élevée. Dans un récent sondage, l’image de marque d’Hydro-Québec s’est classée première parmi celles des grandes entreprises œuvrant au Québec. Pas devant Microsoft et Google, mais devant toutes les autres entreprises québécoises. Bien sûr, il y a des critiques à l’endroit d’Hydro-Québec, les attentes sont élevées et les réseaux d’information les relaient constamment. Ce bourdonnement permanent laisse peut-être l’impression que les Québécois ont perdu confiance en Hydro-Québec, mais ce n’est pas le cas.
Les défis qui attendent votre successeur ?
Un de ses premiers défis sera de bâtir un plan stratégique pour les cinq prochaines années en phase avec la stratégie énergétique du gouvernement. Et de le faire dans un contexte où les attentes de rentabilité et de contribution au développement économique sont très fortes, très élevées. Préparer un plan stratégique est un engagement de long terme, et je ne pouvais concevoir d’élaborer un nouveau plan et d’annoncer mon départ quelques mois plus tard. C’est pour cela que j’ai décidé de partir dès maintenant. Je n’ai aucune inquiétude pour la personne qui va prendre le relais.
Ce sera qui ?
Ah ! Ah !
Où irez-vous ? En politique ?
Non. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui vont en politique, mais ce n’est pas pour moi ! Je vais être actif dans le monde des affaires, dans le secteur de l’énergie et dans d’autres secteurs. Je vais le préciser dans les semaines et les mois qui viennent.
Ce que pense Thierry Vandal…
De son salaire élevé et de sa retraite dorée
« Comparez la rémunération des dirigeants des entreprises d’énergie ailleurs au Canada et aux É.-U. et vous verrez que le gouvernement et les Québécois en ont pour leur argent avec ce qu’ils versent au président d’Hydro-Québec. »
Du gaspillage de l’électricité
« Avec nos bas tarifs, c’est dur de convaincre les gens d’économiser l’électricité comme s’ils vivaient à Paris ou en Californie, où les tarifs sont très élevés. Le gouvernement nous fixe des cibles réalistes en cette matière et nous les atteignons ! »
De l’électrification des transports
« Je n’ai aucun doute que le transport terrestre va s’électrifier. En Chine, TM4, une filiale d’Hydro-Québec, et un partenaire chinois produisent déjà des moteurs électriques pour équiper 300 autobus à Beijing. Chez nous, 160 commerçants, dont Métro, Rona et St-Hubert, offrent des bornes de recharge à leurs clients. La demande d’électricité pour le transport ne fait que croître, et Hydro-Québec est bien positionnée pour en profiter. »
De la privatisation d’Hydro-Québec
« On va suivre ce qui se passe en Ontario, où on a décidé de privatiser partiellement Ontario Hydro. Mais n’oubliez pas, Hydro-Québec est un projet collectif ! »
Les dividendes versés au gouvernement par Hydro-Québec
2005 = 1,126 G$
2015 = 2,535 G$ + 656 M$ de redevances hydrauliques au Fonds des générations.
Plan Nord 2015-2035
50 G$ d’investissements publics et privés, dont 20 G$ provenant d’Hydro-Québec.
> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Magazine Forces
Thierry Vandal arborait un large sourire quand nous l’avons rencontré au siège social d’Hydro-Québec, le vendredi 1er mai, dernier jour de sa présidence. Il nous a avoué ressentir un pincement au cœur en quittant l’institution où il œuvrait depuis 18 ans, dont 10 à sa direction, mais rien pour altérer sa joie de passer à autre chose, d’aller relever d’autres défis. C’est tout de même un président bien en selle qui nous a accordé sa dernière entrevue, toujours prompt à défendre la société d’État qu’il présidait depuis 2005. Voici le bilan qu’il dresse de ses 10 ans à la direction d’Hydro-Québec.
Quelle a été votre contribution majeure pendant vos 10 années à la tête d’Hydro-Québec ?
Hydro-Québec n’est pas une société d’État ordinaire ; c’est à la fois une grande entreprise et un projet collectif. Elle existe depuis 70 ans et elle sera là encore longtemps. J’étais donc très conscient, quand j’en ai pris la direction, d’hériter d’une responsabilité importante. André Caillé m’avait laissé une organisation solide, et mon seul objectif a été de la laisser dans une situation un peu meilleure que celle dont j’avais hérité. Je pense que c’est le bilan que je peux faire aujourd’hui. Hydro-Québec a continué de se développer dans ses créneaux porteurs, ses projets ont été menés à terme, sa situation financière est extrêmement saine.
Mais je crois que ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir réussi à améliorer les relations avec nos employés et avec les communautés autochtones. Car sans leur collaboration, il nous est impossible de remplir notre mission première, fournir de l’électricité aux Québécois. Sur ces deux fronts, nous avions des défis à relever, et nous y sommes parvenus. Réalisez-vous que toutes les conventions collectives de nos employés ont été renouvelées ces dernières années sans aucun arrêt de travail, y compris la dernière, qui prévoit pourtant un gel des salaires de deux ans et une hausse des cotisations aux régimes de retraite ? C’est un résultat remarquable ! Le climat de travail est sain et la communication avec les leaders syndicaux, excellente. Je suis très fier de ça.
Avec les communautés autochtones aussi, les relations ont été assainies. Les Cris, notamment, sont devenus des partenaires d’Hydro-Québec, une idée impensable quand je suis arrivé ici en 1996.
Sont-elles aussi bonnes avec les Innus d’Uashat-Maliotenam ? On se souvient qu’ils ont bloqué la route 138 pour protester contre le projet de la Romaine.
Oui, mais on a finalement signé une entente avec eux pour la Romaine. C’est d’ailleurs avec les Innus qu’on a relancé le développement hydroélectrique à la fin des années 90, avec Toulnustouc. Toulnustouc a eu des retombées économiques importantes pour les Innus de Bestsamites et a servi de modèle pour les ententes signées par la suite avec les Attikameks et les Cris.
Grâce à la Paix des Braves, nous avons pu aménager les rivières Eastmain et Rupert, un immense projet de 5 milliards de dollars réalisé en deçà du coût prévu et avant la fin de l’échéancier, ce qui est rare de nos jours ! Nous sommes sur la bonne voie pour répéter un tel exploit avec Romaine. Je reconnais que les relations avec les autochtones demeurent complexes, mais on a réussi à en faire des partenaires. De cela aussi, je suis fier.
Si vous posez la question aux consommateurs d’électricité, par contre, ils vous diront sans doute que le bilan des dix dernières années est une hausse continue des tarifs, qui n’a pas l’air de vouloir s’arrêter.
C’est vrai que les tarifs ont augmenté, mais leur hausse a suivi, en gros, le rythme de l’inflation. Il y a même eu des baisses, en 2011 et 2012 ; on n’a pas vu ça ailleurs sur la planète. Malgré la hausse des tarifs, la situation des consommateurs québécois demeure une des plus avantageuses au Canada et aux États-Unis.
Ces décisions ont-elles encore un sens alors que le coût de l’électricité produite par les éoliennes est plus élevé que le prix du marché et que, de surcroît, nous avons des surplus d’électricité ?
L’éolien au Québec a démarré essentiellement en 2002-2003, à un moment où tout indiquait que les besoins en électricité étaient fortement à la hausse, et les prix aussi. On ne parlait pas du gaz de schiste, et tout le monde s’attendait à ce que le prix du marché rejoigne le coût de production de l’éolien qui, dès cette époque, excédait celui de l’hydroélectricité. Pour Hydro-Québec, il n’y avait pas de dilemme entre rentabilité et développement économique. Mais à partir de 2007, il y a eu une grande restructuration dans l’industrie des pâtes et papiers qui a fait chuter dramatiquement le nombre de papetières, entraînant une chute tout aussi spectaculaire de la demande d’électricité, car cette industrie était notre plus gros client industriel. Cette baisse de la demande, couplée à la baisse du prix de l’électricité, a rendu inutile et non rentable le développement de l’éolien.
Arrive ensuite la grande récession de 2008-2009, et tous les gouvernements sur la planète sont à la recherche de projets d’infrastructure pour relancer leurs économies. Notre gouvernement décide alors de soutenir le développement éolien, malgré le contexte défavorable que je viens de vous décrire, parce qu’il profite à des régions qui traversent une période économique difficile. C’est sûr qu’aujourd’hui on a des surplus, qu’aujourd’hui aussi on est conscient du coût de cette filière, mais il faut se rappeler qu’elle répondait à des impératifs de crise économique et de développement régional.
Au total, cependant, Hydro-Québec ne perd pas d’argent avec les éoliennes. Elle n’achète pas l’électricité à 10 cents/kWh pour la revendre à 3 cents/kWh, par exemple, ce qui serait inacceptable pour une société à vocation commerciale ; elle répercute directement les coûts de l’éolien dans les tarifs offerts à ses clients. C’est ce que font toutes les sociétés d’énergie dans le monde, en Allemagne, en Espagne ou aux États-Unis, car toutes font l’hypothèse qu’on ne se trompe pas en privilégiant le développement d’énergies renouvelables comme l’éolien.
Pourtant, la stratégie énergétique déposée sous l’ancien gouvernement l’invitait à mettre un frein au développement éolien ?
C’est vrai, et il faut reconnaître qu’au Québec, on a déjà beaucoup d’énergies renouvelables, l’hydroélectricité étant essentiellement une énergie renouvelable. La question qui se pose aujourd’hui, c’est : à quel rythme doit-on poursuivre le développement de l’éolien ? En a-t-on fait assez pour que cette industrie se renouvelle simplement en entretenant le parc existant par exemple ? Est-elle en mesure de s’autosuffire ?
Les questions que vous posez à propos de l’éolien, d’autres les posent à propos des alumineries et se demandent si les bas tarifs qu’on leur consent en valent la peine. Êtes-vous certain que l’on mise sur les bons chevaux pour développer le Québec ?
C’est aux hommes et aux femmes politiques de faire les arbitrages entre les diverses industries qu’on doit soutenir, pas à moi. Dans les années 1970-1980, on venait de terminer la Baie James et on avait de l’électricité en abondance et à faible coût ; on a alors décidé d’utiliser cet avantage pour attirer les alumineries, très énergivores.
Aujourd’hui, ces entreprises sont installées dans des régions qui éprouvent des difficultés économiques, et ce n’est pas toujours facile de regarder froidement cette situation et de déclarer qu’il faut mettre fin à ces politiques de tarifs avantageux. En ce sens, je comprends les hommes et les femmes politiques ; j’ai beaucoup de respect pour eux.
Leurs choix affectent tout de même la rentabilité d’Hydro-Québec. Est-ce qu’il n’y a pas des jours où vous vous êtes dit : « Je suis un trop bon soldat» ?
Non, je viens d’une famille de militaires, mon père lui-même était un militaire. J’ai toujours compris qu’Hydro-Québec avait des comptes à rendre à son actionnaire, comme toutes les entreprises qui ont des actionnaires. Je suis un gestionnaire, je savais dès le départ que ce n’était pas à Hydro-Québec de déterminer les politiques de développement industriel, par rapport à l’aluminium, à l’éolien ou à tout autre secteur, mais à la sphère politique. Je vis bien avec cela.
Vous nous décrivez une entreprise qui a peu d’indépendance par rapport au gouvernement. On est bien loin de l’époque où on disait qu’Hydro-Québec était l’État dans l’État. Y a-t-il eu un changement de mission à Hydro-Québec ?
Il n’y a pas eu de changement de mission. Cela fait 18 ans que je suis à Hydro-Québec, et la mission que Lucien Bouchard a confiée à André Caillé, lorsqu’il l’a nommé à la tête de l’organisation, et que je me suis joint à son équipe, n’a pas changé. Ce qui a changé, ce sont les conditions de marché. Il y a eu une déréglementation majeure du marché nord-américain de l’énergie, les prix fluctuent maintenant selon l’offre et la demande. Nous avons dû apprendre à vivre avec ces fluctuations, à vendre et à acheter de l’électricité quand les prix nous étaient favorables, à différentes périodes de l’année et même de la journée. Nous avons réussi, et je dirais même que nous excellons à ce chapitre. Une partie appréciable des bénéfices d’Hydro-Québec, qui se sont élevés à 3,4 G$ en 2014, a été réalisée grâce aux avantages que nous avons su tirer de ces fluctuations de prix. Nous avons prospéré aussi sur le marché québécois, un marché en grande partie réglementé. Que ce soit dans un cadre réglementé ou déréglementé, nous avons poursuivi notre croissance et gagné en efficacité. Depuis six ans, nos actifs ont augmenté de 14 G$ et nos charges d’exploitation n’ont pas bougé. Si c’est être bon soldat que d’avoir obtenu de si bons résultats, j’accepte le qualificatif.
La preuve, c’est que vous avez survécu à deux gouvernements, ce qui est rare dans le cas des présidents d’Hydro-Québec.
Oui, je suis arrivé ici en 1996 et j’ai eu le plaisir de travailler avec plusieurs premiers ministres : messieurs Bouchard, Landry, Charest, madame Marois, et maintenant monsieur Couillard. Et j’ai énormément de respect pour le travail de tous ces gens. Dans l’entrée de l’édifice d’Hydro-Québec trône le buste de René Lévesque et, dans la salle du conseil, celui de Robert Bourassa. Il y a une continuité historique à Hydro-Québec et, je le répète, Hydro-Québec est un projet collectif : elle appartient à tout le monde, et je me suis très bien inscrit dans cette perspective-là.
Une autre chose qui a changé sous votre gouverne, c’est la découverte des gaz de schiste aux États-Unis, si abondants qu’ils ont provoqué l’effondrement du prix du gaz naturel et des autres formes d’énergie sur les marchés, dont l’électricité. Finie l’époque où Hydro-Québec pouvait exporter ses surplus et engranger des profits à coup sûr, non ?
Comme le disait Mark Twain, « les rumeurs annonçant notre mort sont largement exagérées ». Ça fait des années que la rumeur court que les exportations d’électricité ne sont pas rentables, mais, encore l’an dernier, malgré la baisse de prix, nous avons connu une très bonne année, et ça augure encore bien pour cette année-ci. Une des raisons est que, mis à part le contrat avec le Vermont, nous avons peu de contrats à long terme qui nous obligeraient à vendre de l’électricité, même quand son prix est très bas. Quand on dit que le prix du gaz naturel a atteint un creux, on parle de son prix moyen ; pendant l’année, il arrive qu’il soit plus bas ou plus élevé, plus élevé à Boston et plus faible à Houston. Le prix de l’électricité suit ces fluctuations et nous ne la vendons que lorsque son prix est élevé. Nous pouvons le faire parce que nous avons un atout exceptionnel et assez unique, que des centrales nucléaires ou thermiques n’ont pas : la capacité de stocker l’énergie. Quand les prix sont bas, nous laissons l’eau s’accumuler dans les réservoirs et, quand ils sont élevés, nous faisons fonctionner nos turbines à plein régime pour profiter de la manne. En ce moment, on exporte peu, car ce sont des semaines creuses, il ne fait pas assez froid, ni assez chaud. On en profite pour effectuer l’entretien des centrales et on se prépare pour donner un grand coup durant l’été et peut-être à l’automne, s’il est précoce.
C’est cette flexibilité qui nous a permis de rentabiliser nos exportations d’électricité des dernières années, malgré la baisse du prix à l’exportation. De fait, on a exporté plus d’électricité aux É.-U. cette année que pendant les deux dernières années parce que les Américains ont fermé plusieurs centrales thermiques au charbon, qu’ils ont dû remplacer par d’autres sources d’énergie.
Ne les ont-ils pas remplacées par des centrales au gaz naturel, abondant et peu cher, plutôt que par l’hydroélectricité ?
Oui, en partie, le gaz naturel a grugé nos parts de marché, mais nous avons quand même accru notre présence à New York et en Nouvelle-Angleterre. Car le gaz naturel a ses faiblesses aussi. C’est une énergie fossile polluante, alors que l’hydroélectricité est propre et renouvelable, et les infrastructures pour transporter le gaz accusent un certain retard, alors que nos lignes de transport sont déjà en place. Nous fondons aussi beaucoup d’espoir sur nos exportations vers l’Ontario ; comme il va procéder pendant les quinze prochaines années à la réfection de son parc nucléaire, il aura besoin d’électricité.
Hydro-Québec compte beaucoup sur ces marchés d’exportation, et je suis confiant pour l’avenir. Il y aura des années fortes, des années faibles, mais la trajectoire est très claire : l’énergie renouvelable va prendre une place de plus en plus importante ici comme ailleurs.
Mais nous n’avons aucun contrôle sur la politique énergétique des Américains, ni sur leur volonté de lutter contre les changements climatiques dont nos exportations sont fortement tributaires.
Je le reconnais, mais les décisions que le président Obama et madame McCarthy, de l’EPA (Environnement Protection Agency), ont prises récemment vont dans ce sens. Leur nouvelle réglementions des émissions de CO2 va mener à la fermeture de 50 centrales au charbon ! Cette année seulement, 26 000 mégawatts produits par la combustion du charbon seront retranchés de la production énergétique américaine. C’est colossal !
Êtes-vous sûr que nos exportations vont en profiter? Certains Américains soutiennent toujours que l’hydroélectricité n’est pas une énergie renouvelable.
Le débat n’est plus là. Les Américains ne vont pas instaurer une réglementation pour favoriser l’hydroélectricité québécoise ! Aux É.-U., les énergies renouvelables, ce sont l’éolien, le solaire, la biomasse, et leur réglementation va d’abord favoriser ces filières-là. Par contre, elle va forcer chaque État à déployer un plan pour accélérer la transition du charbon vers d’autres filières plus propres, ce qu’est l’hydroélectricité. À terme, cela va favoriser les exportations d’Hydro-Québec, qui, si elles ne sont pas avantagées, ne seront pas pénalisées à tout le moins.
Parlons du Plan Nord : presque la moitié des investissements annoncés dans sa dernière mouture viendront d’Hydro-Québec. Le Plan Nord ne risque-t-il pas de mettre sous pression la rentabilité d’Hydro-Québec ?
Non, parce que si des compagnies minières décident d’extraire du minerai dans la fosse du Labrador, et que nous nous engageons à leur fournir de l’électricité, les tarifs seront fixés de manière à ce que ce soit rentable pour Hydro-Québec. Cependant, deux conditions devront être réunies avant que nous en arrivions là : le raffermissement des prix du minerai de fer et la perspective de croissance de la demande d’énergie. Nous ne construirons pas de centrales électriques tant que des compagnies minières ne s’engageront pas à y exploiter des sites.
À long terme, je suis persuadé que nos investissements dans le Plan Nord s’avéreront intéressants. Il y a beaucoup de ressources minières dans la fosse du Labrador, il y a aussi dans le Nord des communautés qui bénéficieront de pouvoir se raccorder à un réseau électrique. Ces communautés, où la croissance démographique est forte, sont actuellement branchées sur des centrales au diésel, polluantes et coûteuses.
Nos investissements dans le Plan Nord prévoient aussi la construction de routes et de réseaux de communication. Ces infrastructures deviendront un atout majeur pour le développement du Nord, comme l’est la Transtaïga pour la Jamésie et la route vers La Romaine pour la Côte-Nord.
Une autre marque de votre passage à Hydro-Québec aura été la hausse continue du dividende versé au gouvernement. Et cela, malgré les bas tarifs, la chute des prix à l’exportation, les rabais consentis aux alumineries, les coûteux achats d’énergie éolienne et les salaires élevés de vos employés. N’est-ce pas devenu une mission impossible que de verser toujours plus de dividendes au gouvernement ?
Ça ne l’est pas. J’y suis arrivé, et je suis sûr que mon successeur y arrivera aussi. Vous avez énuméré les facteurs qui ont un impact négatif sur les rendements d’Hydro-Québec, mais vous oubliez ceux qui vont dans l’autre direction, les gains technologiques qui nous permettent de réduire nos coûts. Les compteurs intelligents en font partie. Les techniques de construction aussi. À la centrale Romaine 1, l’assemblage du groupe turbine alternateur s’est fait en 12 mois ; on avait mis cinq ans à le faire à la première Baie James. Quand on remplace une turbine de 30 ans au complexe La Grande, la turbine de nouvelle génération produit plus d’électricité avec la même quantité d’eau. Tous ces développements technologiques soutiennent notre rentabilité, même si les conditions de marché connaissent un certain recul.
Cette pression sur les dividendes n’a-t-elle pas un peu terni l’image d’Hydro-Québec ? Vous avez dit qu’Hydro-Québec appartenait à tout le monde ; plusieurs Québécois croient plutôt qu’elle appartient au gouvernement, qu’elle est devenue sa vache à lait. N’avez-vous pas observé une perte de confiance en Hydro-Québec pendant votre mandat ?
Non, la confiance à l’égard d’Hydro-Québec demeure élevée. Dans un récent sondage, l’image de marque d’Hydro-Québec s’est classée première parmi celles des grandes entreprises œuvrant au Québec. Pas devant Microsoft et Google, mais devant toutes les autres entreprises québécoises. Bien sûr, il y a des critiques à l’endroit d’Hydro-Québec, les attentes sont élevées et les réseaux d’information les relaient constamment. Ce bourdonnement permanent laisse peut-être l’impression que les Québécois ont perdu confiance en Hydro-Québec, mais ce n’est pas le cas.
Les défis qui attendent votre successeur ?
Un de ses premiers défis sera de bâtir un plan stratégique pour les cinq prochaines années en phase avec la stratégie énergétique du gouvernement. Et de le faire dans un contexte où les attentes de rentabilité et de contribution au développement économique sont très fortes, très élevées. Préparer un plan stratégique est un engagement de long terme, et je ne pouvais concevoir d’élaborer un nouveau plan et d’annoncer mon départ quelques mois plus tard. C’est pour cela que j’ai décidé de partir dès maintenant. Je n’ai aucune inquiétude pour la personne qui va prendre le relais.
Ce sera qui ?
Ah ! Ah !
Où irez-vous ? En politique ?
Non. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui vont en politique, mais ce n’est pas pour moi ! Je vais être actif dans le monde des affaires, dans le secteur de l’énergie et dans d’autres secteurs. Je vais le préciser dans les semaines et les mois qui viennent.
Ce que pense Thierry Vandal…
De son salaire élevé et de sa retraite dorée
« Comparez la rémunération des dirigeants des entreprises d’énergie ailleurs au Canada et aux É.-U. et vous verrez que le gouvernement et les Québécois en ont pour leur argent avec ce qu’ils versent au président d’Hydro-Québec. »
Du gaspillage de l’électricité
« Avec nos bas tarifs, c’est dur de convaincre les gens d’économiser l’électricité comme s’ils vivaient à Paris ou en Californie, où les tarifs sont très élevés. Le gouvernement nous fixe des cibles réalistes en cette matière et nous les atteignons ! »
De l’électrification des transports
« Je n’ai aucun doute que le transport terrestre va s’électrifier. En Chine, TM4, une filiale d’Hydro-Québec, et un partenaire chinois produisent déjà des moteurs électriques pour équiper 300 autobus à Beijing. Chez nous, 160 commerçants, dont Métro, Rona et St-Hubert, offrent des bornes de recharge à leurs clients. La demande d’électricité pour le transport ne fait que croître, et Hydro-Québec est bien positionnée pour en profiter. »
De la privatisation d’Hydro-Québec
« On va suivre ce qui se passe en Ontario, où on a décidé de privatiser partiellement Ontario Hydro. Mais n’oubliez pas, Hydro-Québec est un projet collectif ! »
Les dividendes versés au gouvernement par Hydro-Québec
2005 = 1,126 G$
2015 = 2,535 G$ + 656 M$ de redevances hydrauliques au Fonds des générations.
Plan Nord 2015-2035
50 G$ d’investissements publics et privés, dont 20 G$ provenant d’Hydro-Québec.
> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Magazine Forces
Compteurs intelligents et propane: des milliers de maisons non conformes et à risque
2 juin 2015 – Source : Journal de Montréal
Des milliers de résidences sont jugées actuellement non conformes et à risque au Québec en raison de l’installation extérieure de compteurs intelligents trop près de réservoirs de propane, a appris Le Journal.
Hydro-Québec dénombre jusqu’à présent plus de 9100 résidences dont la distance entre le réservoir fixe de propane et le compteur intelligent contrevient aux normes de la Régie du bâtiment (RBQ).
Pour qu’une installation électrique extérieure soit conforme, il faut compter une distance de dégagement d’au moins trois mètres (près de 10 pieds) entre un compteur intelligent et un réservoir fixe de propane.
Se référant à des normes CSA en vigueur depuis 2003, la Régie du bâtiment considère d’ailleurs les nouveaux compteurs intelligents d’Hydro-Québec comme des sources d’allumage potentielles pouvant déclencher des incendies en présence de propane.
Cas en hausse
Or, tout indique que le nombre de résidences non conformes augmentera au cours des prochaines semaines puisqu’Hydro-Québec n’a toujours pas terminé son grand recensement.
Seulement le tiers des installations québécoises ont été vérifiées à ce jour par Hydro-Québec. En date du 28 mai, Hydro-Québec comptait 9124 installations non conformes sur les 711 601 résidences passées au peigne fin.
Hydro-Québec dit avoir fait parvenir une lettre ces dernières semaines à tous ses clients leur demandant leur aide pour répertorier les installations problématiques.
À qui la faute ?
La Régie du bâtiment dit suivre le dossier avec intérêt alors que des milliers de résidences ont vu leurs installations électriques passées de conformes à non conformes en l’espace de quelques mois au Québec.
«C’est clairement une situation provoquée par Hydro-Québec qui a décidé de changer ses compteurs sans que ses clients le demandent», a souligné hier le porte-parole de la RBQ, Sylvain Lamothe.
En attendant de connaître le nombre exact d’installations non conformes, Hydro-Québec dit avoir désactivé la fonction de débranchement à distance de tous ses compteurs intelligents installés à l’extérieur au Québec.
Selon la RBQ, c’est cette fonction qui représente un risque de déclencher des arcs électriques en présence de propane. Ce qui pourrait provoquer des incendies.
La RBQ n’a pas l’intention pour le moment de distribuer des avis de non-conformité.
«On va attendre les résultats des tests menés par Hydro-Québec. On prendra alors une décision», a fait savoir le porte-parole de la Régie du bâtiment.
> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal de Montréal
Des milliers de résidences sont jugées actuellement non conformes et à risque au Québec en raison de l’installation extérieure de compteurs intelligents trop près de réservoirs de propane, a appris Le Journal.
Hydro-Québec dénombre jusqu’à présent plus de 9100 résidences dont la distance entre le réservoir fixe de propane et le compteur intelligent contrevient aux normes de la Régie du bâtiment (RBQ).
Pour qu’une installation électrique extérieure soit conforme, il faut compter une distance de dégagement d’au moins trois mètres (près de 10 pieds) entre un compteur intelligent et un réservoir fixe de propane.
Se référant à des normes CSA en vigueur depuis 2003, la Régie du bâtiment considère d’ailleurs les nouveaux compteurs intelligents d’Hydro-Québec comme des sources d’allumage potentielles pouvant déclencher des incendies en présence de propane.
Cas en hausse
Or, tout indique que le nombre de résidences non conformes augmentera au cours des prochaines semaines puisqu’Hydro-Québec n’a toujours pas terminé son grand recensement.
Seulement le tiers des installations québécoises ont été vérifiées à ce jour par Hydro-Québec. En date du 28 mai, Hydro-Québec comptait 9124 installations non conformes sur les 711 601 résidences passées au peigne fin.
Hydro-Québec dit avoir fait parvenir une lettre ces dernières semaines à tous ses clients leur demandant leur aide pour répertorier les installations problématiques.
À qui la faute ?
La Régie du bâtiment dit suivre le dossier avec intérêt alors que des milliers de résidences ont vu leurs installations électriques passées de conformes à non conformes en l’espace de quelques mois au Québec.
«C’est clairement une situation provoquée par Hydro-Québec qui a décidé de changer ses compteurs sans que ses clients le demandent», a souligné hier le porte-parole de la RBQ, Sylvain Lamothe.
En attendant de connaître le nombre exact d’installations non conformes, Hydro-Québec dit avoir désactivé la fonction de débranchement à distance de tous ses compteurs intelligents installés à l’extérieur au Québec.
Selon la RBQ, c’est cette fonction qui représente un risque de déclencher des arcs électriques en présence de propane. Ce qui pourrait provoquer des incendies.
La RBQ n’a pas l’intention pour le moment de distribuer des avis de non-conformité.
«On va attendre les résultats des tests menés par Hydro-Québec. On prendra alors une décision», a fait savoir le porte-parole de la Régie du bâtiment.
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